Aujourd’hui, j’ai 91 ans.
C’est une occasion de célébrer avec ma famille et mes amis. De repenser à la vie que j’ai eu le privilège de mener. Et de réfléchir à combien ce pays que nous aimons tant a grandi et changé au cours des neuf décennies où j’ai vécu sur cette Terre.
Cette année, j’ai aussi décidé de m’offrir un cadeau d’anniversaire. Je vais faire quelque chose dans cet article que je ne fais plus très souvent : m’exprimer sur un grand enjeu qui affecte l’état de notre nation et qui me dérange profondément, moi comme tant d’autres Canadiens. Je parle des insultes totalement inacceptables et des menaces sans précédent contre notre souveraineté venant du président élu des États-Unis, Donald Trump.
J’ai deux messages très clairs et simples.
À Donald Trump, d’un vieux monsieur à un autre : brassez-vous la tête ! Qu’est-ce qui peut bien vous faire penser que les Canadiens abandonneraient un jour le meilleur pays du monde – et ne vous y trompez pas, c’est ce que nous sommes – pour rejoindre les États-Unis ?
Je peux vous dire que les Canadiens tiennent à leur indépendance. Nous aimons notre pays. Nous avons bâti ici quelque chose qui est envié dans le monde entier – en matière de compassion, de compréhension, de tolérance et de capacité à faire cohabiter des personnes d’origines et de croyances différentes en harmonie.
Nous avons aussi construit un solide filet de sécurité sociale – notamment avec notre système de santé public – dont nous sommes très fiers. Il n’est pas parfait, mais il repose sur un principe fondamental : les plus vulnérables doivent être protégés.
Ce n’est peut-être pas « la manière américaine » ou « la manière Trump ». Mais c’est la réalité que j’ai observée et vécue toute ma longue vie.
Si vous pensez que nous menacer et nous insulter va nous convaincre, c’est que vous ne savez vraiment rien de nous. Vous ne savez pas que, lorsqu’il s’est agi de combattre pour la liberté lors des deux guerres mondiales, nous nous sommes enrôlés – deux fois – bien avant votre pays. Nous avons combattu et nous avons sacrifié bien au-delà de notre poids.
Nous avons aussi eu le courage de dire non à votre pays quand il a voulu nous entraîner dans une guerre totalement injustifiée et déstabilisante en Irak.
Nous avons bâti une nation sur un territoire parmi les plus rudes et les plus difficiles qu’on puisse imaginer. Et nous l’avons fait contre toute attente.
Nous pouvons sembler faciles à vivre, modérés. Mais ne vous y trompez pas, nous avons de l’échine et du courage.
Ce qui m’amène à mon second message, à tous nos dirigeants, fédéraux et provinciaux, ainsi qu’à ceux qui aspirent à gouverner notre pays : commencez à montrer cette échine et ce courage. C’est ce que les Canadiens veulent voir – ce dont ils ont besoin de voir. Cela s’appelle le leadership. Vous devez diriger. Les Canadiens sont prêts à suivre.
Je sais que l’esprit est là. Depuis les attaques de M. Trump, chaque parti politique défend le Canada. C’est même avec une grande satisfaction que je vois le Bloc québécois défendre le pays.
Mais on ne gagne pas une partie de hockey en jouant uniquement en défense. Nous savons tous que, même si nous satisfaisons une exigence, M. Trump reviendra avec une autre, encore plus grande. Ce n’est pas de la diplomatie, c’est du chantage.
Nous avons besoin d’une autre approche – une qui brise ce cycle.
M. Trump a cependant accompli une chose : il a uni les Canadiens comme jamais auparavant ! Tous les dirigeants du pays se sont rassemblés pour défendre les intérêts du Canada.
Quand je suis devenu premier ministre, le Canada faisait face à une crise d’unité nationale. La menace de la séparation du Québec était bien réelle. Nous avons pris des mesures pour affronter cette menace existentielle et en sommes sortis plus forts, plus unis et encore plus fiers des valeurs canadiennes.
Aujourd’hui, une autre menace existentielle se dresse devant nous. Et nous devons à nouveau réduire notre vulnérabilité. C’est le défi de cette génération de leaders politiques.
Et vous n’y arriverez pas avec les vieilles méthodes. Comme nous l’avons fait il y a 30 ans, nous avons besoin d’un Plan B pour 2025.
Oui, dire aux Américains que nous sommes leurs meilleurs amis et partenaires commerciaux est une bonne chose. Tout comme mener un lobbying actif à Washington et dans les capitales des États pour leur montrer que les tarifs douaniers nuiront aussi à leur économie. Tout comme imposer des tarifs de représailles – lorsqu’on est attaqué, on doit se défendre.
Mais nous devons aussi passer à l’offensive. Disons à M. Trump que nous avons, nous aussi, des problèmes frontaliers avec les États-Unis. Le Canada a une législation stricte sur le contrôle des armes à feu, mais les armes illégales affluent depuis votre pays. Nous devons exiger que les États-Unis agissent pour réduire le nombre d’armes qui traversent notre frontière.
Nous voulons aussi protéger l’Arctique. Mais les États-Unis refusent de reconnaître le passage du Nord-Ouest comme étant des eaux canadiennes, insistant sur le fait qu’il s’agit d’une voie navigable internationale. Nous devons exiger qu’ils reconnaissent notre souveraineté sur ces eaux.
Nous devons également réduire la vulnérabilité du Canada à la base. Nous devons être plus forts. Il existe plus de barrières commerciales entre nos provinces qu’entre le Canada et les États-Unis. Lançons un grand projet national pour les éliminer ! Et renforçons les liens qui unissent notre vaste nation avec des initiatives comme un véritable réseau énergétique national.
Enfin, nous devons comprendre que M. Trump ne nous menace pas uniquement. Il cible aussi une liste croissante d’autres pays, ainsi que l’Union européenne. Le Canada devrait rapidement organiser une réunion avec les dirigeants du Danemark, du Panama, du Mexique et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour élaborer une stratégie commune face à ces menaces.
Chaque fois que M. Trump ouvre la bouche, il crée de nouveaux alliés pour nous tous. Alors organisons-nous ! Pour résister à un grand et puissant tyran, il faut de la force en nombre.
Le but n’est pas d’attendre dans la crainte le prochain coup de Donald Trump. C’est de bâtir un pays et une communauté internationale capables de résister à ces coups.
Les Canadiens me connaissent. Ils savent que je suis un optimiste. Que je suis pragmatique. Et que je dis toujours ce que je pense. J’ai commis ma part d’erreurs au cours de ma longue carrière, mais je n’ai jamais douté un instant de la décence de mes concitoyens – ni de celle de mes adversaires politiques.
Les générations actuelles et futures de leaders doivent se rappeler qu’ils ne sont pas des ennemis – ils sont des adversaires. Personne n’a aimé le combat politique plus que moi, mais j’ai toujours compris que nous essayions tous de contribuer, à notre manière, à un meilleur pays.
Cet esprit est plus important que jamais face à ce défi. Nos dirigeants doivent s’en souvenir.
J’ai 91 ans aujourd’hui et la chance d’être en bonne santé. Je suis prêt, comme toujours, à défendre l’indépendance de notre pays.
Vive le Canada !
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